Au petit matin, on est toujours jeudi …

Hier après midi, c’était l’aikido interne .. à l’extérieur. Cela ne s’invente pas, mais Philippe l’a fait ! Personnellement, je n’étais pas là, j’arrive pour les regarder suer sur le tatami et je découvre des dizaines de femmes allongées par terre, les jambes en l’air, sur un air de techno, en train de compter leurs abdos. OK. Nos amis ont été jeté dehors sous la pluie locale qui les a rattrapé en fin de cours, je les ai donc trouvés sur la pelouse, l’air à la fois frigorifié mais content quand même, allez comprendre le mystère Grangé. Moi je ne pratique l’aikido que de façon, disons, intermittente, et la reprise après quelques années de vide intersidéral s’est faite à Pluneret, cru 2011. Découverte d’un homme aux mots rares et précis, qui donne tout sans avoir l’air, tout en lignes, une sorte d’apesanteur avec un puissant ancrage dans le sol. Un sensei en totale cohérence, qui semble retenir ses mots pour ne pas enfermer sa pensée dans un discours qui, peut être, dans quelques minutes, sera dépassé ? Bon, cet après midi, la géométrie du corps se fait à l’air libre, entre hanche et bout du pied au creux de la main (mais non ils ne sont pas aussi souples, c’est une IMAGE !) pour tisser un lien entre soi et soi-même. Quand on capte une précision, une explication, on est contents, mais le truc que l’on se demande c’est : a t’on vraiment bien saisi le concept, le principe qui sous-tend le placement de l’orteil droit par rapport au bout de son oreille gauche, diagonale sans laquelle le corps ne tient plus droit ? Je laisse les autres raconter tous les principes découverts ou redécouverts au fil des cours de la semaine, je ne maitrise plus les techniques et termes savants, mais franchement, katate dori uchi kaiten nage par et avec Philippe G, c’est Géant. Paume de la main vers le haut, la hanche aspire le bras – comme on marche en somme – et on descend. Tout le monde descend d’ailleurs. Sauf quelques récalcitrants qui trouvent qu’à 9h35 du matin, il y a peut être mieux à faire que manger un tapis vert en se râpant la langue sur le pied du voisin. Tout est question de perspective. Ceux-là, ils n’ont pas envie de descendre, alors ils te disent « non, c’est pas tout à fait cela, tu dois plus descendre tes hanches tu vois ?  » et restent campés sur leurs deux jambes en rigolant… Nan je blague, ces gens là, ils n’existent pas ici. Marion nous observe depuis les gradins, note la « ligne » de chacun, prend des photos (des preuves que cela existe ?) et comprend. Car ELLE comprend !!!!! Moi pas, mais c’est certainement parce que j’ai le nez dessus. C’est ENORME alors du coup, le grand angle ne suffit pas. C’est à espérer que demain, le corps saisira une nouvelle nouvelle sensation. Bonne nuit.

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